Lettres d’une prostituée à un amant imaginaire

Description

Lettres d’une prostituée à un amant imaginaire est un court recueil de poésie qui se présente sous une forme épistolaire. Ecrites à la première personne, ces lettres suivent la déambulation d’une femme qui se perd dans Paris puis se retrouve. Dans cette ville, à la fois vivante et violente, elle observe et se reconnaît dans l’autre, à la fois laid, misérable, étranger à lui-même et beau.

Ses pensées saisissent ce à quoi lui renvoie cet espace, de la violence masculine à la beauté figurative de son architecture. Mais plus qu’une déambulation urbaine, Lettres d’une prostituée à un amant imaginaire décrit le parcours initiatique et le mouvement vers l’autre et l’ailleurs d’une femme qui se transcende.

« De l’or et du bronze gisent sur un corps de pierre ». Poème extrait des Lettres d’une prostituée à un amant Imaginaire.

Extraits

12/05/20**


J’ai rêvé que Dieu était nègre.

Nègre comme le ventre de ma mère, comme la chevelure drue qui cache mon sexe, dont les lèvres sont des yeux humides qui pleurent dans la Seine. Nègre comme la pâle inertie quand je vous vois, comme la bille de mon œil qui vous déshabille et vous dévore.

Nègre comme Château rouge. Comme l’arbre-rose qui pousse sur ma tête et dont les racines sont des fibres de fer qui rallongent mes cils.

Je me suis perdue dans Paris comme dans un rêve. Paris était un chef-d’œuvre et j’avais 20 ans. Je courrais sur le boulevard Saint-Germain, nue comme une nonne, avec la certitude inébranlable d’être un voyant mais j’étais voyeur.

Chaque pore de ma peau était un œil sans paupière, chaque œil une bouche ouverte.

Il fut un temps où je ne dormais plus. Comme ces grandes villes dont j’ai été ivre. Dans les cafés de Rennes, les bazars indiens de La Chapelle, le palais de Tokyo, le jardin du Luxembourg, la Concorde Atlantique, l’Église Américaine… Comme si le monde entier fusionnait dans Paris. Imbrication d’univers hétéroclites. Mystère désordonné.

Souvent, dans les soirées dansantes du 19 et 20ème, je confondais le tempo du jazz que ces musiciens jouaient avec les battements de mon cœur. J’étais comme propulsée dans une confusion des sens, dans laquelle les lumières de la ville inondaient le toucher des corps. L’extase rugissait comme un lion affamé dans mon ventre plein.

Je voulais prouver l’existence de Dieu. Saisir la substance même de la ville et la dévorer. Engloutir les ponts, les eaux, les statues de marbre au yeux clos comme celles qui s’élèvent, triomphantes au-dessus de l’Assemblée. Je voulais être une bouche géante. Mais je vomissais et dans les rues de ma folie, je dansais ivre.

Auto-édition

Ecrit et illustré en 2016, je souhaite auto-éditer Lettres d’une prostituée à un amant imaginaire en 2021. J’ai donc lancé une campagne de crowfunding qui sert de pré-vente. 

L’idée de ce projet est de me permettre de diffuser mes écrits en m’occupant du travail de l’éditeur (impression,  financement, publication, promotion, envois et diffusion des livres) avant d’en confier la distribution et l’impression à un prestataire de services. 

L’ANTHROPOPHAGIE AMOUREUSE

L’anthropophagie amoureuse raconte l’itinéraire sentimental d’une femme qui souhaite habiter l’autre librement. C’est un court-métrage qui illustre un ensemble de poèmes extraits du recueil du même nom. Celui-ci narre l’expérience de la perte, du désir, de l’attente,  de l’absence et de la peur, en explorant l’amour à travers un rapport anthropophagique qui veut dévorer et enfanter l’être aimé.

L’épine, partie I. Poème extrait de « L’anthropophagie Amoureuse »

Bande-annonce


Poème : « L’attente »

Lire Proust et louer les temps retrouvés.
Tu fermes les yeux et inventes un monde lucide,
N’est-ce pas effrayant d’être Dieu ?

Fais taire ta pensée pour que la folie cesse
De te ronger le ventre, et dis-moi, mon amour :
Aimes-tu être né ?

Je t’ai aperçu ramper jusqu’au ventre de ta mère
Et me suis demandé : « n’est-ce pas étrange ?
Comment veut-il s’y replier
avec des jambes aussi immenses? »

Plus que la pensée.
Moi, je suis faite de chair et d’eau,
Mais tu modèles le vivant pour ramener les morts.
Tu as dit : « Le futur est un passé qui s’ignore. »

Es-tu donc incapable de créer ?